Créer une entreprise à Genève : guide complet 2026 pour se lancer sans erreur

L’essentiel à retenir

  • Un non-résident peut créer une société à Genève, mais il faut au moins une personne habilitée à représenter la société domiciliée en Suisse.
  • Trois formes dominent : la raison individuelle (sans capital), la Sàrl (20 000 CHF de capital) et la SA (100 000 CHF de capital).
  • Comptez deux à quatre semaines entre les statuts et l’inscription au Registre du commerce, une fois le dossier complet.
  • Le taux d’imposition sur le bénéfice avoisine 14 % à Genève (impôts fédéral, cantonal et communal cumulés).

La création d’entreprise à Genève attire chaque année des entrepreneurs français, italiens ou belges, séduits par la fiscalité, la stabilité économique et la crédibilité de la place genevoise. Le parcours reste pourtant très différent de la France : notaire obligatoire pour une société de capitaux, capital bloqué sur un compte de consignation, représentant domicilié en Suisse, affiliations sociales à anticiper. Ce guide détaille les démarches pour créer une société à Genève, les coûts, la fiscalité et les erreurs qui font perdre des semaines.

Les informations ci-dessous sont générales et valables au moment de la rédaction. Les montants et les conditions évoluent : vérifiez-les auprès du Registre du commerce, du notaire ou d’une société fiduciaire à Genève avant de vous engager.

Peut-on créer une entreprise à Genève sans y habiter ?

Oui, mais avec une condition précise. Pour une Sàrl, au moins un gérant habilité à représenter la société doit être domicilié en Suisse. Pour une SA, la règle vise au moins un administrateur, ou un directeur, domicilié en Suisse avec un pouvoir de représentation. Vous pouvez rester associé ou actionnaire depuis l’étranger, mais la société ne peut pas être dirigée uniquement par des personnes résidant hors de Suisse.

Deux solutions existent quand vous ne résidez pas sur place : vous installer en Suisse, ce qui suppose une autorisation de séjour, ou nommer un mandataire local (gérant ou administrateur), souvent proposé par une fiduciaire. Le droit de séjour dépend de votre nationalité. Les ressortissants de l’Union européenne bénéficient de l’accord sur la libre circulation, les autres nationalités relèvent de contingents. L’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) reste l’interlocuteur pour valider votre situation.

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Quelle forme juridique choisir pour créer son entreprise à Genève ?

Le choix de la structure conditionne le capital à mobiliser, la responsabilité personnelle, la crédibilité auprès des clients et des banques, ainsi que le coût de la constitution. Le tableau résume les trois formes les plus courantes.

Critère Raison individuelle Sàrl SA
Capital minimum Aucun 20 000 CHF, libéré en totalité 100 000 CHF, dont au moins 50 000 CHF libérés
Responsabilité Illimitée, sur le patrimoine personnel Limitée au capital Limitée au capital
Notaire Non Oui, acte authentique Oui, acte authentique
Registre du commerce Obligatoire dès 100 000 CHF de chiffre d’affaires annuel Obligatoire Obligatoire
Profil type Indépendant, activité solo PME, consultants, commerce Projets à investisseurs, croissance

La Sàrl est la forme la plus répandue pour une PME genevoise : capital accessible, responsabilité limitée, gouvernance simple. La SA convient aux projets qui prévoient des investisseurs ou une cession d’actions facile. La raison individuelle permet de démarrer sans capital, mais expose le patrimoine personnel. Il existe aussi la société en nom collectif, plus rare, réservée à des associés qui acceptent une responsabilité solidaire.

Bon à savoir

Le capital d’une Sàrl n’est pas perdu : il est déposé sur un compte de consignation, puis transféré au compte de la société une fois inscrite. Il reste à disposition de l’entreprise, mais il sert aussi de garantie face aux créanciers.

Combien coûte la création d’une entreprise à Genève ?

Pour une Sàrl ou une SA, les frais de constitution regroupent les honoraires du notaire, les émoluments du Registre du commerce et la publication dans la Feuille officielle suisse du commerce. À titre indicatif, comptez entre 1 500 et 4 000 CHF selon la complexité des statuts, hors capital social. La raison individuelle coûte nettement moins cher : quelques centaines de francs si l’inscription au Registre du commerce est requise.

À ces montants s’ajoutent des postes que les porteurs de projet oublient souvent : la domiciliation de la société si vous n’avez pas de local, l’ouverture du compte bancaire professionnel, les assurances obligatoires et les honoraires d’une fiduciaire si vous lui déléguez les démarches. Un accompagnement complet par une fiduciaire se situe généralement dans une fourchette de 1 500 à 3 500 CHF, selon les prestations retenues.

Les étapes pour créer une société à Genève

  1. Définir l’activité et la forme juridique. La raison sociale doit être disponible et conforme aux règles du Registre du commerce.
  2. Choisir le siège et le représentant domicilié en Suisse. Une adresse à Genève est indispensable, y compris en domiciliation chez un tiers.
  3. Rédiger les statuts. Ils fixent l’objet social, le capital, la répartition des parts ou des actions et les pouvoirs des dirigeants.
  4. Ouvrir un compte de consignation et libérer le capital. La banque délivre une attestation de dépôt, indispensable pour la suite.
  5. Passer devant le notaire. L’acte authentique de constitution est signé par les fondateurs, en personne ou par procuration.
  6. Déposer le dossier au Registre du commerce de Genève. La société existe juridiquement à compter de son inscription.
  7. Effectuer les affiliations. AVS, assurance accident, prévoyance professionnelle, allocations familiales et, si le seuil est atteint, TVA.
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Du premier rendez-vous à l’inscription, comptez en pratique deux à quatre semaines, davantage si l’ouverture du compte bancaire prend du temps. Cette étape est souvent la plus lente pour un non-résident : les banques suisses appliquent des contrôles stricts sur l’origine des fonds et l’identité des bénéficiaires.

Réunion entre un créateur d'entreprise et un conseiller fiduciaire

Fiscalité d’une société à Genève

Depuis la réforme fiscale entrée en vigueur en 2020, le taux effectif d’imposition sur le bénéfice avoisine 14 % à Genève pour une société ordinaire, tous impôts confondus (fédéral, cantonal, communal). À titre de comparaison, le taux normal de l’impôt sur les sociétés en France est de 25 %. La société paie aussi un impôt sur le capital, d’un montant faible pour une PME.

Côté taxe sur la valeur ajoutée, l’assujettissement débute à 100 000 CHF de chiffre d’affaires annuel. Le taux normal est de 8,1 %, avec un taux réduit de 2,6 % et un taux spécial de 3,8 % pour l’hébergement. Une société sous le seuil peut choisir de s’assujettir volontairement, ce qui permet de récupérer la TVA sur ses achats.

Le dirigeant qui se verse un salaire est imposé sur ce salaire, et sur les dividendes s’il en perçoit. La résidence fiscale de l’entrepreneur change tout : un Français qui reste résident fiscal en France doit examiner la convention fiscale entre les deux pays. Ce point mérite l’avis d’un professionnel avant de constituer la société.

Comptabilité, révision et obligations sociales

Une Sàrl ou une SA tient une comptabilité commerciale et établit chaque année un bilan et un compte de résultat. La raison individuelle peut, sous 500 000 CHF de chiffre d’affaires, se limiter à une comptabilité simplifiée des recettes et des dépenses. La révision des comptes dépend de la taille : ordinaire pour les grandes structures, restreinte pour les autres, avec une possibilité de renoncer au contrôle (opting-out) pour les petites sociétés de moins de dix postes à plein temps.

Côté social, la société s’affilie à une caisse de compensation pour l’AVS, l’AI et les allocations pour perte de gain, dont les cotisations sont partagées entre l’employeur et l’employé. L’assurance accident est obligatoire pour les salariés, et la prévoyance professionnelle (LPP) s’applique dès que le salaire dépasse un seuil annuel fixé par la loi. Une assurance perte de gain maladie, sans être obligatoire dans tous les cas, protège l’entreprise en cas d’absence prolongée. Une fiduciaire prend souvent en charge ces démarches et la paie ; notre guide sur le choix d’une fiduciaire à Genève détaille les critères de sélection.

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Aides et accompagnement à la création

Plusieurs structures locales accompagnent les jeunes entreprises. La Fondation d’aide aux entreprises (FAE) soutient certains projets par des cautionnements et des prêts lorsque le financement bancaire classique reste inaccessible. Genilem propose un accompagnement et du coaching aux porteurs de projet, et Fongit héberge des start-up innovantes, notamment dans les technologies. La Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) organise des ateliers et facilite la mise en réseau. Les conditions d’accès varient d’un dispositif à l’autre : renseignez-vous directement auprès de chaque organisme.

Les erreurs fréquentes lors de la création

  • Sous-estimer le délai bancaire. L’ouverture du compte de consignation conditionne tout le reste, il vaut mieux la lancer en premier.
  • Oublier le représentant domicilié en Suisse. Sans lui, le Registre du commerce refuse l’inscription.
  • Choisir une raison sociale déjà prise ou trop proche d’une existante. Une vérification préalable évite un refus et un retard de plusieurs jours.
  • Négliger l’affiliation AVS et la TVA. Les obligations naissent dès le début de l’activité, pas à la première facture.
  • Ignorer la situation fiscale personnelle. Un dirigeant qui vit en France ou dans un autre pays est imposé selon sa résidence, ce qui pèse sur le choix entre salaire et dividendes.

Questions fréquentes

Un Français peut-il créer une entreprise à Genève sans y habiter ?

Oui, à condition qu’au moins une personne habilitée à représenter la société soit domiciliée en Suisse. Le fondateur peut rester associé ou actionnaire depuis la France et confier la gérance ou l’administration à un mandataire local, souvent une fiduciaire.

Quel capital faut-il pour créer une Sàrl à Genève ?

Le capital minimum d’une Sàrl est de 20 000 CHF, entièrement libéré à la constitution. Il est déposé sur un compte de consignation, puis mis à la disposition de la société après son inscription au Registre du commerce.

Combien de temps faut-il pour créer une société à Genève ?

Comptez en général deux à quatre semaines, du rendez-vous initial à l’inscription au Registre du commerce, à condition que le dossier soit complet et que la banque délivre rapidement l’attestation de dépôt du capital.

Faut-il un notaire pour créer une entreprise à Genève ?

Oui pour une Sàrl et pour une SA : les statuts sont signés dans un acte authentique. La raison individuelle ne nécessite pas de notaire.

Quel est le taux d’imposition des sociétés à Genève ?

Le taux effectif sur le bénéfice avoisine 14 %, impôts fédéral, cantonal et communal réunis. La TVA s’applique à partir de 100 000 CHF de chiffre d’affaires annuel, au taux normal de 8,1 %.

Faut-il passer par une fiduciaire pour créer sa société ?

La loi ne l’impose pas, mais une fiduciaire connaît les délais, prépare les statuts, coordonne le notaire et la banque, puis assure la comptabilité et la TVA. Le recours est fréquent pour un non-résident, qui peut aussi lui confier le mandat de représentant en Suisse. Voir notre comparatif des sociétés fiduciaires à Genève.

Quelles aides existent pour créer son entreprise à Genève ?

La FAE apporte des cautionnements et des prêts, Genilem propose un accompagnement, Fongit héberge des start-up et la CCIG anime un réseau d’entrepreneurs. Chaque dispositif a ses propres critères d’admission.

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